jeudi 18 octobre 2018

jeudi 20 septembre : SoHo - le Bronx - match de base-ball

le long de Broadway Avenue
Descente de la Broadway avenue, boutiques originales où les vendeurs et vendeuses sont toujours raccord avec les marchandises : barbes taillées et bras tatoués dans ce magasin de vaisselle siglée, cheveux roses dans cet atelier vente de bonbons, coiffures improbables et vêtements tendance dans cet antre de la décoration intérieure.
boutique branchée dans SoHo
Petit à petit, les immeubles se font moins haut, arrivant péniblement à leurs cinq étages parcourus par le zigzag de leurs escaliers de secours. Les bus-school attendent leur juvénile cargaison, les artistes investissent places et trottoirs, les vendeurs les boutiques, les cafés cherchent un concept pour accrocher leur clientèle, le vintage est à la mode, la ville semble un peu respirer : bienvenue à SoHo (SOuth of HOuston). La flânerie reprend ses droits, la tête ne se penche plus vers l'arrière dans l'espoir de voir les sommets, le silence aurait même un début d'existence.
Le métro nous ramène plein nord, vers le continent (Manhattan, Brooklyn, le Queens sont des îles). Tous les guides vous conseillent de visiter le Bronx, et pas seulement ses lieux emblématiques (le parc, le zoo, le stade) mais ses rues qui en font le charme et d'oublier son côté sulfureux qui appartient dorénavant au passé. Mais pourquoi ces mêmes guides ne présentent-ils pas de carte de ce quartier ?
station de métro dans le Bronx
Insensiblement, les usagers de la ligne 6 changent : couleur de peau, langues pratiquées, allure et vêtements, décoration du smartphone toujours aussi présent. Et quand nous débarquons à la 170ème Street, le métro étant devenu aérien, le propret de SoHo semble si loin : trottoirs défoncés, ordures jonchant le sol, nœuds de fils électriques et téléphoniques, boutiques minables, squats tagués et de ci de là de vieilles maisons de bois et même quelques villas dominant la Harlem River. C'est avec vaillance et malgré tout une légère appréhension que nous pérégrinons. Le vieux pont, en fait un aqueduc, a été réhabilité et rouvert à la circulation des piétons, mais le parc qui dévale vers les berges encombrées de voies express et de voies ferrées, est clos de chaînes et de barrières. Il y a encore beaucoup à faire pour combler les dents creuses des terrains abandonnés, nettoyer rues et places, ravaler quelques façades pour espérer quelque gentrification  de cet espace.
Foin de ces considérations urbanistiques, les Yankees nous attendent pour terrasser leurs rivaux de Boston, et avec ça on ne rigole pas, la base-ball c'est important. Une longue queue, comme toujours aimablement supportée et nous voilà dans l'arène, enfin dans les gradins. Les spectateurs déambulent, se nourrissent de seaux de pop corn ou de caisses de nuggets, s'abreuvent de pintes de bière et, conséquence rapide, se soulagent dans des toilettes impeccablement tenues, s'achètent une casquette, une chemise, enfin quelque chose du moment que le sigle des New York Yankees apparaît, et parfois vont s'asseoir pour assister au match. C'est long, très long. Si les règles de base sont simples, les considérations arbitrales, elles, le sont beaucoup moins et nous mettrons beaucoup de temps à en comprendre un peu les subtilités.
Une phase de jeu ?
Et quand un batteur arrive enfin à projeter la balle dans l'aire de jeu, ça court, ça lance, ça attrape, ça élimine ou ça gagne et ça dure une trentaine de secondes et ça ne se reproduit que toutes les cinq minutes une telle phase de jeu ! Après un Home Run parfait d'un des joueurs des Yankees, permettant ainsi à son équipe de repasser au score devant Boston, nous nous éclipsons alors que le match n'en est qu'à la moitié malgré les deux heures écoulées ! Nous ne sommes pas les seuls et le métro de retour est bondé. Étonnant, les gens vont au match, ils y mangent, boivent, discutent, achètent, suivent peu ou prou la partie, applaudissent, vocifèrent, chantent quand le message sur l'écran géant le demande, passent un bon moment et puis rentrent chez eux sans avoir l'air de se soucier de l'issue, forcément incertaine, du match. Nous apprendrons demain matin par la grâce d'internet la victoire de Boston.
Dans les entrailles du stade

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