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| le long de Broadway Avenue |
Descente
de la Broadway avenue, boutiques originales où les vendeurs et
vendeuses sont toujours raccord avec les marchandises : barbes
taillées et bras tatoués dans ce magasin de vaisselle siglée,
cheveux roses dans cet atelier vente de bonbons, coiffures
improbables et vêtements tendance dans cet antre de la décoration
intérieure.
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| boutique branchée dans SoHo |
Petit
à petit, les immeubles se font moins haut, arrivant péniblement à
leurs cinq étages parcourus par le zigzag de leurs escaliers de
secours. Les bus-school attendent leur juvénile cargaison, les
artistes investissent places et trottoirs, les vendeurs les
boutiques, les cafés cherchent un concept pour accrocher leur
clientèle, le vintage est à la mode, la ville semble un peu
respirer : bienvenue à SoHo (SOuth of HOuston). La flânerie
reprend ses droits, la tête ne se penche plus vers l'arrière dans
l'espoir de voir les sommets, le silence aurait même un début
d'existence.
Le
métro nous ramène plein nord, vers le continent (Manhattan,
Brooklyn, le Queens sont des îles). Tous les guides vous conseillent
de visiter le Bronx, et pas seulement ses lieux emblématiques (le
parc, le zoo, le stade) mais ses rues qui en font le charme et
d'oublier son côté sulfureux qui appartient dorénavant au passé.
Mais pourquoi ces mêmes guides ne présentent-ils pas de carte de ce
quartier ?
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| station de métro dans le Bronx |
Insensiblement, les usagers de la ligne 6 changent :
couleur de peau, langues pratiquées, allure et vêtements,
décoration du smartphone toujours aussi présent. Et quand nous
débarquons à la 170ème Street, le métro étant devenu
aérien, le propret de SoHo semble si loin : trottoirs défoncés,
ordures jonchant le sol, nœuds de fils électriques et
téléphoniques, boutiques minables, squats tagués et de ci de là
de vieilles maisons de bois et même quelques villas dominant la
Harlem River. C'est avec vaillance et malgré tout une légère
appréhension que nous pérégrinons. Le vieux pont, en fait un
aqueduc, a été réhabilité et rouvert à la circulation des
piétons, mais le parc qui dévale vers les berges encombrées de
voies express et de voies ferrées, est clos de chaînes et de
barrières. Il y a encore beaucoup à faire pour combler les dents
creuses des terrains abandonnés, nettoyer rues et places, ravaler
quelques façades pour espérer quelque gentrification de cet
espace.
Foin
de ces considérations urbanistiques, les Yankees nous attendent pour
terrasser leurs rivaux de Boston, et avec ça on ne rigole pas, la
base-ball c'est important. Une longue queue, comme toujours
aimablement supportée et nous voilà dans l'arène, enfin dans les
gradins. Les spectateurs déambulent, se nourrissent de seaux de pop
corn ou de caisses de nuggets, s'abreuvent de pintes de bière et,
conséquence rapide, se soulagent dans des toilettes impeccablement
tenues, s'achètent une casquette, une chemise, enfin quelque chose
du moment que le sigle des New York Yankees apparaît, et parfois
vont s'asseoir pour assister au match. C'est long, très long. Si les
règles de base sont simples, les considérations arbitrales, elles,
le sont beaucoup moins et nous mettrons beaucoup de temps à en
comprendre un peu les subtilités.
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| Une phase de jeu ? |
Et quand un batteur arrive enfin à
projeter la balle dans l'aire de jeu, ça court, ça lance, ça
attrape, ça élimine ou ça gagne et ça dure une trentaine de
secondes et ça ne se reproduit que toutes les cinq minutes une telle
phase de jeu ! Après un Home Run parfait d'un des joueurs des
Yankees, permettant ainsi à son équipe de repasser au score devant
Boston, nous nous éclipsons alors que le match n'en est qu'à la
moitié malgré les deux heures écoulées ! Nous ne sommes pas
les seuls et le métro de retour est bondé. Étonnant, les gens vont
au match, ils y mangent, boivent, discutent, achètent, suivent peu
ou prou la partie, applaudissent, vocifèrent, chantent quand le
message sur l'écran géant le demande, passent un bon moment et puis
rentrent chez eux sans avoir l'air de se soucier de l'issue,
forcément incertaine, du match. Nous apprendrons demain matin par la
grâce d'internet la victoire de Boston.
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| Dans les entrailles du stade |
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