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| "Cast iron building" |
En
pénétrant dans SoHo, nous retrouvons ces mêmes marques, et bien
d'autres encore, un vrai festival, mais cette fois-ci en vrai, dans
de vraies boutiques installées dans les Cast Iron Buildings, ces
immeubles en briques montées sur des structures en fonte qui
permettaient d'avoir un rez-de-chaussée spacieux et clair, idéal
pour un magasin. Les façades colorées, parfois étroites, d'autres
massivement larges, zébrées de leur escalier
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| galerie d'art dans SoHo |
de secours dominent
quelques arbres plantés le long des rues où des artistes accrochent
leurs productions. Les plus chanceux, les plus talentueux
certainement, sont exposés dans des galeries qui éclatent de
couleurs, d'originalité, de mouvements et de créativité. Les
architectes d'intérieur ont su embellir ces lieux et l'on ne résiste
guère à pousser quelques portes pour les admirer, dédaignant la
marchandise pour les murs, au contraire de tous ces jeunes Asiatiques
branchés. SoHo forme un carré délimité par Canal Street au Sud et
Houston Street au Nord (au-delà, c'est NoHo), Broadway avenue à
l'Est et Broadway West avenue, rues encombrées des chalands d'un
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| dans les rues de SoHo |
samedi après-midi qui osent à peine entrer dans le cloître ainsi
formé. Il est dommage que les voitures y pénètrent, usant de leur
klaxon aussi intempestivement que dans le reste de la ville. Sur les
vitrines apparaît parfois un autocollant siglé d'un revolver dans
un cercle rouge, un rappel de la violence et de la peur toujours un
peu cachées de ce pays.
Tous
les métros de toutes les villes permettent dans un délai plus ou
moins long des rencontres improbables laissant des souvenirs
éphémères qui en s'entassant dans le cortex cérébral finissent
par former un véritable catalogue de la nature humaine. Cet homme
hurlant des insanités remplies de « Fuck ! » bien
sonores, laissera tomber ses velléités combatives avec son corps
lourd d'alcool dans un escalier ; cet autre, au même
vocabulaire fleuri, fera baisser ou détourner la tête de ses
voisins usagers, New-yorkais d'origine asiatique, réflexe atavique
de siècles de soumission ; celui-ci encore, mais où les Jésus
et les Alléluia remplacent les obscènes « Fuck » en se
bousculant dans une large bouche d'un sourire d'un ravi édenté. Et
le plus souvent, nous voyant tourner pensivement notre plan de métro,
un voisin nous proposera son aide, ou encore une place assise,
privilège des cheveux blancs ?
La
douceur de la nuit nous incite à découvrir un peu mieux le quartier
où nous vivons depuis un peu plus d'une semaine. Son nom inquiétant,
Hell's Kitchen, la Cuisine de l'Enfer, aurait pu rebuter, mais que
toutes ces personnes si nombreuses qui arpentent les trottoirs de la
9ème Avenue seraient bien courageuses si le nom
signifiait encore quelque chose. On se promène entre amis, souvent
en couples de toute nature, et l'on choisit sa cuisine :
asiatique (Corée, Japon, Chine, Thaïlande...), américaine (Cuba,
Mexique, Amish...), européenne (Italie, Grèce, France...) ou bien
l'ambiance de son bar. Dans ce
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| Boutique Amish dans Hell's Kitchen |
domaine prédominent les pubs
irlandais d'où s'échappent les trilles joyeux d'une flûte et d'un
violon, traces des premiers habitants de ce quartier, Irlandais
solides chassés par la Grande Famine dans leur pays et qui se
retrouvent aujourd'hui autour d'une bière dans cette atmosphère
bruyante et chaleureuse comme à Dublin.
Au
carrefour entre la 44ème rue, un immeuble très Art Déco,
le Film Center Building, où se retrouvent les producteurs de la Côte
Est. En enfilant cette 44ème rue, on met ses pas dans
ceux de Marlon Brando, James Dean, Liz Taylor, Marilyn Monroe (et la
liste est très longue et très impressionnante),
on monte les quelques marches de cette ancienne église où sur son
fronton est fixé un panneau rond avec écrit discrètement :
Actor's Studio. Juste à côté une autre école d'art dramatique et
au block voisin une nouvelle au-dessus d'un pub.
Hollywood a poussé
un peu ses ailes et ses étoiles à l'Est.