vendredi 19 octobre 2018

samedi 22 septembre : Battery Park - Tribeca

  1. ème jour
    Museum of the American Indian
Ironie (voulue?) de l'histoire, c'est sur l'emplacement exact où en 1626 le gouverneur Pierre Minuit acheta pour quelques florins l'île aux Indiens Algonquins que fut édifié l'hôtel des douanes qu'abrite maintenant le National Museum of the American Indian. Les collections, recouvrant tous les peuples amérindiens de l'Alaska au Cap Horn, sont riches, riches aussi de leur rareté. Une des plus émouvantes sera celle des Caribéens, peuplant les Grandes Antilles, car leurs traces sont peu nombreuses, leur ethnie disparue ou totalement métissée, et leur culture tente difficilement de renaître sous un nom générique, les Taino. Les gardiens ont les visages cuivrés de leurs ancêtres et leur âme farouche ne se retrouverait-elle pas dans ce refus catégorique d'être photographié ? La boutique présente de très beaux objets fabriqués par des artisans contemporains de chaque nation tentant de perpétuer leur savoir-faire.
vue sur le 1WTC
Ce samedi ensoleillé encombre la promenade de l'Hudson de rires joyeux d'enfants, de coureurs affamés de kilomètres, de badauds le nez en l'air, d'adeptes de l'autocélébration, de flâneurs et de rêveurs à peine perturbés par le ballet des hélicoptères loués par de riches touristes pour survoler Manhattan ou la course effrénée de ces hors-bords. L'aiguille effilée couleur menthe à l'eau du 1WTC écorche gentiment les confettis blancs des nuages dans l'azur du ciel.
Restaurant dans Tribeca
Tribeca (TRIangle BElow CAnal street) abrite dorénavant les artistes chassés par les loyers indécents de SoHo. Le cuivre du bar scintille sous les éclats dispensés par les écrans de télévision diffusant en boucle des extraits de match de football américain, nos ailes de poulet seront mastiqués au rythme du rap un peu envahissant de la sono, et le sourire de Krystal, notre affable barmaid, ne prendra que plus d'ampleur à travers le pot de confiture servant de verre à eau. Un véritable capharnaüm où l'on s'attendrait à tousser sous une poussière accumulée, mais au contraire d'une propreté remarquable, une joyeuse pagaille sur les tables que la magie des ordinateurs et la compétence du personnel organise savamment, des murs et des plafonds encombrés d'affiches de cinéma ou de publicité car ici, à Philip Williams Poster, on ne vend que ça, et c'est déjà beaucoup. À notre surprise, les affiches françaises sont les plus nombreuses, nous invitant à lire Zola en feuilleton dans le Petit Journal, à se chausser en Bailly, à croquer les coins d'un Petit Beurre ou bien à suivre le sillage du Facteur de Tati. Toutes ces affiches sont bien entendu originales comme en attestent leur étiquetage et leur prix, les 1000 $ étant facilement dépassés.
Building dans Tribeca
Canal Street est une frontière. Au Sud, Tribeca, au Nord SoHo et si on la prolonge vers l'Est, Chinatown, limite marquée par une discrète lanterne rouge suspendue à un réverbère. Les trottoirs sont jonchés de sacs Vuitton, de montres Rolex, de ceintures Dolce Gabana vendus d'un côté de la rue par des Chinois et de l'autre par des Noirs. Bienvenue dans le marché de la contre-façon qui n'a pas l'air de contrarier les quelques clients, ni la police.
Boutique Philip Williams Poster

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