ème jour
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| Museum of the American Indian |
Ironie
(voulue?) de l'histoire, c'est sur l'emplacement exact où en 1626 le
gouverneur Pierre Minuit acheta pour quelques florins l'île aux
Indiens Algonquins que fut édifié l'hôtel des douanes qu'abrite
maintenant le National Museum of the American Indian. Les
collections, recouvrant tous les peuples amérindiens de l'Alaska au
Cap Horn, sont riches, riches aussi de leur rareté. Une des plus
émouvantes sera celle des Caribéens, peuplant les Grandes Antilles,
car leurs traces sont peu nombreuses, leur ethnie disparue ou
totalement métissée, et leur culture tente difficilement de
renaître sous un nom générique, les Taino. Les gardiens ont les
visages cuivrés de leurs ancêtres et leur âme farouche ne se
retrouverait-elle pas dans ce refus catégorique d'être
photographié ? La boutique présente de très beaux objets
fabriqués par des artisans contemporains de chaque nation tentant de
perpétuer leur savoir-faire.
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| vue sur le 1WTC |
Ce
samedi ensoleillé encombre la promenade de l'Hudson de rires joyeux
d'enfants, de coureurs affamés de kilomètres, de badauds le nez en
l'air, d'adeptes de l'autocélébration, de flâneurs et de rêveurs
à peine perturbés par le ballet des hélicoptères loués par de
riches touristes pour survoler Manhattan ou la course effrénée de
ces hors-bords. L'aiguille effilée couleur menthe à l'eau du 1WTC
écorche gentiment les confettis blancs des nuages dans l'azur du
ciel.
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| Restaurant dans Tribeca |
Tribeca
(TRIangle BElow CAnal street) abrite dorénavant les artistes chassés
par les loyers indécents de SoHo. Le cuivre du bar scintille sous
les éclats dispensés par les écrans de télévision diffusant en
boucle des extraits de match de football américain, nos ailes de
poulet seront mastiqués au rythme du rap un peu envahissant de la
sono, et le sourire de Krystal, notre affable barmaid, ne prendra que
plus d'ampleur à travers le pot de confiture servant de verre à
eau. Un véritable capharnaüm où l'on s'attendrait à tousser sous
une poussière accumulée, mais au contraire d'une propreté
remarquable, une joyeuse pagaille sur les tables que la magie des
ordinateurs et la compétence du personnel organise savamment, des
murs et des plafonds encombrés d'affiches de cinéma ou de publicité
car ici, à Philip Williams Poster, on ne vend que ça, et c'est déjà
beaucoup. À notre surprise, les affiches françaises sont les plus
nombreuses, nous invitant à lire Zola en feuilleton dans le Petit
Journal, à se chausser en Bailly, à croquer les
coins d'un Petit Beurre ou bien à suivre le sillage du
Facteur de Tati. Toutes ces affiches sont bien entendu
originales comme en attestent leur étiquetage et leur prix, les 1000
$ étant facilement dépassés.
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| Building dans Tribeca |
Canal
Street est une frontière. Au Sud, Tribeca, au Nord SoHo et si on la
prolonge vers l'Est, Chinatown, limite marquée par une discrète
lanterne rouge suspendue à un réverbère. Les trottoirs sont
jonchés de sacs Vuitton, de montres Rolex, de ceintures Dolce Gabana
vendus d'un côté de la rue par des Chinois et de l'autre par des
Noirs. Bienvenue dans le marché de la contre-façon qui n'a pas
l'air de contrarier les quelques clients, ni la police.
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| Boutique Philip Williams Poster |
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