jeudi 18 octobre 2018

vendredi 21 septembre : le MET - la High Line

7ème jour :
Scène de rue
Les New-yorkais seraient-ils un peu chauvins pour proclamer le MET 
(Metropolitan Museum of Art) comme le plus grand musée du monde alors qu'il est largement dépassé par le Louvre (et après vérification, ne serait que quatrième, distancé par Londres et Madrid) ? Quoiqu'il en soit, ses collections sont superbes et nous nous attarderons longuement dans les salles consacrées à l’Égypte ancienne, s'ébaubissant toujours de la minutie, de la précision et de l'esthétisme du travail des scribes, illustrateurs et artistes divers. Et que dire de ces 24 maquettes intactes évoquant des scènes de la vie quotidienne que l'on croirait sorties d'un atelier de jouets de Nürenberg ? Les salles réservées à la peinture contemporaine (comprendre à partir de 1850) foisonnent de tous ces peintres espagnols, américains, italiens, anglais, belges mais surtout français. La salle dédiée à Pissaro nous
Port de Rouen - Pissaro
ramènera à Pontoise et à Rouen, celle à Monet aussi vers les bords de Seine et la Normandie, Cézanne nous montrera bien sûr sa Provence, comme Gaugin qui, peu avare, nous emmènera à Tahiti, ou comme Van Gogh qui nous ramènera de la Provence vers Pontoise. Alors que je m'interroge silencieusement sur l'idée que peut se faire un visiteur n'étant jamais venu en France sur la force du paysage peint et l'image mentale provoquée, en admirant « Les Cyprès » de Vincent, un fort aimable Américain nous fait partager avec chaleur son émotion devant cette toile emplie de couleurs et de mouvements, que l'on soit nez collé dessus ou éloigné, à droite, à gauche ou au centre. Et il sera confus, voire penaud de ne pouvoir prolonger la conversation faute de temps, avec deux visiteurs français dont il ignorait la nationalité, qui lui racontaient les couleurs de l'automne et la douceur du printemps dans ces paysages magnifiés. Coïncidence heureuse, télépathie artistique, communion d'esprit ? Un moment heureux certainement.
Scène au MET
Au croisement de la 34ème rue et de la 9ème Avenue, de jeunes hommes coiffés d'un large chapeau noir, tout aussi noir que leur gilet et leur pantalon, recouvrant de longs cheveux et une longue barbe, quittent pressamment le magasin de ce block. L'un d'eux me demandera même « Are you a Jew ? » et me laissera coi. Shabbat se prépare et ce magasin spécialisé en photos, vidéo, informatique ne rouvrira que dimanche. J'aurais dû me douter de ce contretemps, à mes yeux, lorsque nous déjeunions devant une école juive d'où nous avons vu sortir les élèves bien plus tôt que les autres jours.
C'est aussi de la 34ème rue que démarre la High Line, ce jardin suspendu qui serpente entre immeubles et anciens entrepôts et qui nous conduira à Chelsea. C'est une ancienne voie ferrée surélevée dans les années 1930 pour éviter les encombrements de la rue, désaffectée dans les années 1980, et sauvée de la destruction promise en 2000 par deux énergiques résistants ; elle est devenue un haut lieu de promenade offrant des points de vue sur l'Hudson ou sur Midtown au milieu d'herbes et de fleurs sur cette passerelle où
parfois subsistent encore quelques rails. L'occasion aussi de surplomber ces trous de chantier continu que semble être New York. « Rien ne parle d'éternité dans cette ville. Rien n'a de racine dans le passé. Rien ne semble devoir défier le temps. Tout périt, tout renaît, tout vit dans le temps, ce temps. Et là est la beauté de New York, la beauté mortelle» (Edgar Morin, dans New York, la ville des villes).
la High Line

Quelque pas dans les rues, des immeubles en briques et en fonte, des terrains de basket où s'affrontent d'adresse et de vitesse de jeunes gens, la bouche du métro nous avale dans sa chaleur d'étuve et son boucan d'enfer.

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