dimanche 14 octobre 2018

dimanche 16 septembre : Gospel à Harlem

Apollo Theatre à Harlem
2ème jour :
Le soleil luit déjà fort à 7h00 ce matin ; ce dimanche promet lumière et chaleur. Chemise et pantalon blancs, robe corail et gilet bleu, il s'agit d'être déférents. La ligne H nous emmène à Harlem, au croisement de la 125ème Rue et de la 8ème Avenue, près du Apollo Théâtre, le temple du jazz. Des kilomètres de barrières le long de Martin Luther King Avenue, de Malcom X Avenue, de la police (du NYPD bien évidemment) en force, Harlem se prépare pour la parade afro-américaine. Mais à cette heure, de petits pas pressés poussent des gens sur leur trente et un dans les rues parallèles d'où parfois s'échappent quelques airs entraînants, légèrement racoleurs. D'ailleurs, certains (visiteurs ? touristes?) entrent, esquissent quelques pas de danse inopportuns, sortent et tentent une autre porte.
Nos pieds et nos oreilles nous ont poussés à l'Atlah World Missionary Church où nous sommes respectueusement accueillis, invités à prendre place un peu à l'écart des fidèles liés ensemble par une ferveur non feinte, une piété évidente, une fraternité qui va de soi : personne ne joue, chacun est. Les louanges sont chantés en anglais, mais aussi en français et en créole. Nous avons échoué sans le savoir dans une église haïtienne.
Les gens sont beaux, endimanchés, rayonnants. Le prédicateur ponctue ses prêches et ses louanges par de multiples Alléluia. Église petite à moitié remplie, simple, autel dépouillé, dont les murs auraient besoin d'être rafraîchis, mais quantité d'instruments de musique, de sono, de matériel vidéo, d'écrans pour suivre chants et psaumes. Les petits et les petites, qui rivalisent de joliesse dans les jeux de leurs boucles de cheveux, ne semblent pas effrayés par le niveau sonore et l'agitation des adultes.
Le pasteur est francophone et est doublé en simultané en anglais. Il délivre un message un peu insistant sur la nécessité et l'obligation de prier. On s'éloigne un peu de l’allégresse du début et on glisse peu à peu dans l'injonctif. L'assemblée semble s'ennuyer. Quand il invite ses ouailles à lire un verset, les fidèles n'utilisent pas une bible imprimée, mais leur smartphone. Une petite ritournelle commence à prendre place dans un coin de mon cerveau, comme une conclusion à ce sermon (et nous rendons grâce à Eddy Mitchell) : Faites vos prières du soir avant le boogie-woogie. Le pasteur lui aussi va conclure ; il est de plus en plus exalté ; son interprète, comme par contraste, lui reste toujours cool. Les musiciens s'impatientent, ils ont des fourmis dans les doigts qui grattent les manches des guitares, pianotent les claviers et les gorges des choristes s'emplissent de chants, recouvrant progressivement la parole pastorale. Cérémonie des offrandes, présentation des visiteurs, remerciements en leur honneur, annonces et nouvelles de la communauté, bouquet final avec des au revoir sincères, des « God bless you » nombreux et des Alléluia retentissants.
Atlah World Missionary Church

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