dimanche 14 octobre 2018

TRAJET ALLER

Notre avion et Greta !
Colombus Circle


57th Street
    Taxi (Tesla tout de même), car, TGV (surclassé en 1ère, on continue la classe), métro, tram, RER, avion … Une panoplie plutôt diverse et pas encore finie. Et que dire des préparatifs à un séjour urbain forcément trépidant : la campagne dinanaise, le centre-ville de Rouen, une flânerie dans Paris - les trottoirs encombrés, le cliquement du tramway, les sirènes vrillantes des ambulances, les appels désespérés des gens de la rue comme des échos aux jappements de leurs chiens, les bousculades à l'entrée d'une rame, à la fin de l'escalator, à la rencontre du flot opposé sur le passage piéton. Le corps est prêt, l'esprit affûté, mais pour l'instant, 10 000 mètres en-dessous, il n'y a que de l'eau. Heureusement, la diva, Greta Garbo, nous assure sa protection sur la gouverne de l'avion.
Étonnamment, lorsque nous survolons Saint Pierre et Miquelon, l'air dans l'avion se rafraîchit.
Même si Nougaro l'a chanté, ce n'est pas dès l'aérogare que le choc est intervenu : la nuit tombée, la fatigue d'un vol sans sommeil, la grandeur de l'aéroport,les souterrains et les stations un peu glauques du métro, ont considérablement atténué les effets de la rencontre.
Dans la rame grise du métro se côtoient toujours cette humanité du dehors qui vient s'échouer sur ses bancs, la tête encore dans la lieur du crépuscule, les yeux fureteurs ou absents. Deux copines vêtues très court qui s'ouvrent mutuellement les bras, un Juif, kippa vissé, peur d'être en retard pour Shabbat, un Noir dont la carrure imposante le fait déborder de son siège, deux autres dignes représentants de la cool attitude, une femme épuisée qui cherche un peu de repos sous le cardigan dont elle a recouvert sa tête, un Latino aux tatouages agressifs et au regard fuyant jouant négligemment avec un coup de poing américain, la voix si américaine du conducteur qui déclame le nom des stations ou s'impatiente lorsque les portes ne se referment pas en raison de passagers indisciplinés, l'air chaud du dehors qui vient percuter l'air empuanti du souterrain quand notre destination est atteinte. Finalement, Nougaro avait raison ; Dès l'aérogare / J'ai senti le choc / Un souffle barbare / Un remous hard-rock.
Une petite marche dans la chaleur moite, une volée d'escaliers, le sourire de Chanlam, notre hôtesse, un accueil chaleureux,un lit accueillant, un sommeil bienvenu.

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