dimanche 14 octobre 2018

samedi 15 septembre : Central Park

1er jour : samedi 15 septembre.

Toujours de la circulation, même en pleine nuit : sirènes des ambulances, ronronnement des diesels des bus, stridences des motos qui repartent d'un feu rouge, martèlement des camions poubelles, hurlement des moteurs des voitures plus ou moins sportives, tressautement des remorques d'énormes camions, puissance à peine retenue des gros SUV. Il sera paradoxal de trouver dans la journée une circulation semblant sereine, où la conduite électrique prendrait le dessus laissant l'antique moteur à explosion à la noirceur de la nuit, hormis les coups intempestifs de klaxon que l'on croyait réservés à des villes plus orientales. Cette impression sera vite démentie pendant la semaine où la circulation prendra son intensité fébrile.
Quoiqu'il en soit, la nuit fut réparatrice, la douche revigorante, la viennoiserie achetée dans la rue consistante, et le pas se fait plus alerte pour gagner Central Park.
Des affleurements schisteux qui dominent une zone pour enfants, l’œil s'égare sur une verdure moitié sauvage, moitié domestiquée, herbes folles et haies taillées, troncs vigoureux et alignés et arbres malingres et tordus,et pour peu que notre œil continue son ascension, et bien il n'en a pas fini, car juste derrière Central Park, c'est haut, très haut, très fin, mais très haut.
Joggeuse et bébé
"Strawberry Fields"
Manifestation et Dance Floor
Quel spectacle dans ce parc ! D'abord, il y a bien sûr les cyclistes, occasionnels ou sportifs, et les joggers, seuls, en palanquées, poussettes à bébé en avant, tous sur leurs pistes vouées que des feux tricolores régulent. Puis ces touristes agglutinés à « Strawberry Fields » où l'on oublierait que Lennon n'était pas New-yorkais mais Anglais, à peine sensibles à la nostalgie égrenée par ce chanteur guitariste du moment que le selfie soit bon.
Tournoi d'échecs
Rasta prenant le temps, la pose ou la lumière ?
Et il y a tout le reste : des joueurs de base-ball qui répètent inlassablement des phases de jeux, une manifestation de parents pour la scolarisation d'enfants handicapés touchant particulièrement la communauté noire devenant un vaste dance-floor où chacun rivalise de virtuosité et d'entrain, des centaines de jeux d'échecs qui attendent leurs joueurs de tournoi, des conteuses qui se succèdent devant la statue d'Andersen, des aquarellistes qui mouillent leurs pinceaux avec leur langue, des frisbees que les chiens attrapent au vol plutôt que de courir après les écureuils qui batifolent, des rastas qui prennent la lumière parce que de toute façon ils ont le temps de la prendre, un Congolais élastique qui dirige son groupe de percussionnistes dans sa danse souple, des familles, des amis qui pique-niquent, des marié(es) et leurs cortèges de demoiselles et de garçons d'honneur, la police montée et les calèches désuètes d'où émanent odeurs de crottins et d'urine, et tout autour ces gratte-ciels, non qui ne vous écrasent, mais semblent souligner l'harmonie de ce parc un peu chaotique en vous suggérant de voir le ciel.

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