mercredi 17 octobre 2018

mercredi 19 septembre : Little Italy, Greenwich Village, Top of the Rocks

Juste de l'autre côté de la rue, Mulberry Street, les fêtes de Sant Gennaro dans Little Italy battent leur plein et redonnent provisoirement un peu d'animation et de cœur italien à ce quartier maintenant touristique. Il a été rebaptise Nolita (NOrth of Little Italy, toujours ce goût sûr pour les acronymes) et les vieux mafiosi ne s'y retrouveraient guère.
Little Italy
C'est d'une main de maître et d'un coup de pédale régulier que nous traversons Chelsea et East Village pour atteindre Greenwich Village : même pas peur de la circulation, des sens uniques, des patinettes électriques, des cyclistes qui savent eux où ils vont, des piétons qui débordent, des traversées des 3ème, 4ème, 5ème et 6ème avenues !
Washington Park Square
À Washington Park Square, les enfants s'égayent sur des jeux dissimulés par des montagnes de poussettes les attendant et leurs nounous, souvent noires ou latinos, des chiens courent et sautent dans leur espace réservé, des joueurs d'échecs attendent un éventuel adversaire, un quartet nous offre un langoureux morceau de jazz, des peintres reprennent inlassablement leurs motifs, des étudiants tentent de travailler dans cette atmosphère qui porte encore un peu l'héritage des années 1960 et 1970. Un peu plus bas sur McDonald Street, Bob Dylan, Jimmy Hendrix, Bruce Springsteen faisaient leurs débuts ; juste en face et bien avant, Henry Miller y venait écluser quelques boissons. Encore un peu plus loin, à Gore Street, au-dessus des maisons en briques, un gros immeuble où l'on passerait facilement d'appartement en appartement pour raconter ses journées (n'est-ce pas Chandler, Ross, Joey, Rachel, Phoebe, Monica, sacrés friends!). Il ne faut pas succomber aux charmes de Greenwich Village et sa nostalgie, nos montures doivent être remises au relais prochain. Toujours vers l'est vers l'Hudson River, traversée de l'Highway West Side (par des feux ! tu parles d'une autoroute!), remontée vers le nord par une belle piste cyclable où nous avons l'impression de nous traîner au milieu de tous ces citadins sur deux roues si pressés, arrivée au Pier 78 où nous reposons nos fidèles bicyclettes et détendons nos muscles.
Métro, heure de pointe, Grant General Station, encombrements sur la 5ème Avenue, embrasement dans le soleil couchant des façades, toujours autant de bruits, queue, attente autour de Rockfeller Center, queue, (mais que toutes ces files sont bien organisées, et régulièrement un employé distille un grand sourire plein de dents américaines!) et la deuxième ascension du jour, au Top of the Rocks, dans la nuit maintenant déjà bien installée. Petite percée entre tous ces auto-adorateurs aux bras tendus prolongés par leur smartphone les immortalisant pour leurs amis, et nous nous installons pour voir, et photographier, les couleurs artificielles de la nuit sur la ville. Et le paysage du matin sans son soleil éclatant brille maintenant de tous ces feux électriques. Les antennes jouent des effets de couleur, l'Empire State Building clignote ostensiblement, le Chrysler Building illumine ses extrémités comme pour en souligner sa fausse fragilité, Central Park fait une tache sombre, Times Square tout en bas projette ses lumières agressives.
Vue nocturne depuis Top of the Rocks
Corps moulu, yeux remplis de lumière, oreilles devenant sélectives, pas assuré pour trouver son chemin et éviter les pièges des trottoirs, esprit bouillonnant de souvenirs. Levi-Strauss explique le trouble de la perception opéré par « le rapport entre la taille de l'homme et celle des choses distendu au point que la commune mesure est exclue. » (dans « Le Regard éloigné »).

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