lundi 15 octobre 2018

lundi17 septembre : Statue de la Liberté et Ellis Island

"Miss Liberty"
Dans les rues qui nous mènent à Colombus Circle, les New-yorkais partant au travail ont succédé aux touristes et promeneurs du week-end : le pas est enlevé, le café bu en marchant, les conversations téléphoniques nombreuses. Les voitures, camions, bus, ambulances se sont aussi donné rendez-vous, accroissant le monde sonore. Même les rames du métro semblent encore plus bruyantes lorsqu'elles s’engouffrent dans la station et le portefaix qui tire son chargement fait claquer les roues sur le pavement inégal. Même l'idée d'une conversation suivie devient impossible. Comment tous ces usagers de la ligne 1, direction South Ferry, peuvent entendre ce qui sort de leur casque relié à leur smartphone sur lequel ils usent leurs pouces ?
Embarquement, ce qui veut dire au préalable, queue, contrôle des billets, queue, contrôle de sécurité, queue, contrôle des billets, embarquement, débarquement, contrôle de sécurité, queue, consigne obligatoire et le Graal !
Celui-ci mesure 47 mètres de haut juché sur un piédestal de 46 mètres, et est censé illuminer le monde, a été érigé pour le centenaire de l'indépendance en 1876 et l'amitié franco-américaine (n'est-ce pas Bartholdi – ne pas oublier de visiter son musée dans sa ville natale de Colmar). La statue, à l'image du pays, est immense mais d'une facture simple, au message évident mais quel symbole !
Skyline
Depuis le ferry qui s'éloigne un peu de la côte, depuis l'île, Liberty Island, depuis le socle, depuis le piédestal, la vue sur le Sud de Manhattan offre des perspectives incroyables sur la skyline. Nous guettons fiévreusement les rares trouées dans le gris du ciel (le ciel s'est méchamment ennuagé ce matin) qui font des jeux de lumière sur les façades vitrées des gratte-ciels. Le Corbusier a écrit en 1937 : « Les gratte-ciels n'ont pas été construits sur une intention sérieuse et sage. Ils ont été les applaudissements à l’œuvre acrobatique. Le gratte-ciel n'est pas un élément urbanistique, mais une bannière dans l'azur, une fusée de feu d'artifice, une aigrette sur la coiffure d'un nom désormais classé dans le gotha de l'argent » (dans Quand les cathédrales étaient blanches). Ces propos semblent toujours actuels.
statue d'une émigrante
Ellis Island est à une poignée de mètres et le ferry nous emmène remonter le temps des immigrants dans un musée immense intégré dans les anciens bâtiments où le tri et l'enregistrement de ces immigrants étaient effectués. C'est riche d'informations, trop riche même pour notre anglais qui s’épuise à tout comprendre. Curieux miroir de l'actualité regardant l'histoire et des commentaires de visiteurs francophones sur le refus de certains migrants vous renvoie dans ces questions qui secouent l'Europe et l'Amérique.
Grâce à l'aimable complicité des employées du musée, Sylvie trouvera trace de sa lointaine cousine Clothilde, venant de la Suisse voisine, Valais, s'embarquant sur l'Homeric de la White Star Line à Cherbourg et débarquant en 1922 à New York, Ellis Island, attendue par son beau-frère, rêvant d'un monde meilleur comme celui évoqué par la Statue de la Liberté que le bateau a contournée.
Queue, embarquement queue, débarquement. Durant le court trajet, un dernier regard sur ce décor incroyable qui fait totalement disparaître l'insularité de Manhattan.
Musée de l'immigration à Ellis Island

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