mardi 16 octobre 2018

lundi 17 septembre : Downtown

Wall Steet
Broadway Avenue, étroite, enchâssée entre les buildings d'où vont forcément voleter confettis et mirlitons à l'occasion d'une quelconque parade, une rue encore plus étroite Wall Street, à la renommée internationale où paraît-il, les jours où la Bourse déprime fortement, ce ne sont pas des papiers qui tombent des fenêtres mais des investisseurs ruinés ! Comme dans un film, la statue de Washington se dissimule dans les jets de vapeur d'eau émanant d'une bouche d'égout. À cette heure, point de traders, de banquiers, juste des touristes, peu d'effervescence, juste des appareils photos.
Oculus
Retrouvons Broadway Avenue et un curieux bâtiment blanc vaguement en forme d'ailes successives arrimées à une très longue ogive nous invite à pénétrer en son sein. C'est l'Oculus, la future gare du quartier, et son hall est immense, plutôt vide ( ce qui est étonnant vu le prix du mètre carré dans ce quartier) et c'est beau et saisissant. À la sortie ouest de cet Oculus, une esplanade, deux immenses trous remplis par un bassin alimenté par un jet d'eau qui s'échappe des rebords, les faisant luire et mettant en valeur les 2977 noms des victimes de l'effondrement des tours jumelles le 11 septembre 2001 comme un reflet de l'absence. Juste à côté, l'immensité du One World Trade Center (1WTC) qui culmine à 1776 pieds (oh les symboles!) et bâti pour ne pas faire d'ombre à l'esplanade.
Le lieu est très prenant et l'on ne peut être qu'admiratif devant l'incroyable résilience des Américains, déjà entraperçue lors de la parade afro-américaine : en 17 ans, on a démoli ce qui restait, dégagé les gravats, consacré le lieu de mémoire, érigé l'Oculus et le 1WTC, le plus haut gratte-ciel de New York, et un musée entièrement voué à cette journée du 11 septembre ! (À force de ne parler plus que du 11 septembre, on en oublierait l'année!).
One World Trade Center
Queue, contrôle des billets, queue, contrôle de sécurité, et nous attaquons la descente dans les entrailles et les fondements des tours abattues. Au début des photos particulièrement émouvantes de l'étonnement des témoins de cette journée, puis un grand vide que l'on surplombe, et en son centre, la « dernière colonne », vestige d'une des tours. Une descente le long de « l'escalier des survivants » vous emmène au pied des fondations de la tour Nord dédicacée aux disparus. Serait-il envisageable en France de trouver des écrans tactiles où lorsque vous cliquez sur la photo d'une victime, apparaissent alors d'autres photos, plus intimes, et un panégyrique de cette personne et ce où l'on vous invite à visionner une vidéo plus complète ? Où s'arrête le devoir de mémoire ? Je ne sais pas.
Un couloir tapissé de 2977 carreaux d'autant de nuances de bleu rappelant comme il faisait beau ce jour débouche à la tour Sud. Les expositions sont consacrées à la chronologie du 11 septembre avec nombre d'affiches, images, documents. Je reste frappé par l'incroyable force esthétique et émotionnelle d'une photo, dusse-t-elle exposer une horreur, quand une vidéo ne montre qu'un fait brut et violent. Beaucoup de salles dédiées à l'héroïsme des pompiers et des policiers (et d'ailleurs, l'inévitable boutique du musée le souligne un peu gracieusement), d'autres aux deux autres crashs de cette journée, celui sur le Pentagone à Washington et l'autre dans un champ en Pennsylvanie, les passagers s'étant révoltés. Un témoignage audio d'une des victimes disant au revoir à ses proches est très émouvant par le ton grave, simple et rassurant qu'utilise cette passagère. Ce musée est vraiment réussi, juste équilibre entre le factuel et le ressenti sans tomber dans le voyeurisme, toujours dans le respect, la dignité et l'honneur aux limites parfois imprécises et mouvantes.
Ground zero

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